mardi 19 mai 2009

Et il roule...

Les rues sont presque désertes et le ciel est completement noir, pour ne rien changer, a se demander pourquoi les Chinois ont un mot pour "étoile" (星). La nuit est fraiche, surtout sur une moto qui dévale un des boulevards de Gongyi a 70 km/h.

Et il roule...

Le tissu synthétique de mon gilet de soccer s'avere etre un peu plus douloureux que la douceur épaisse du coton lorsqu'il prend dans le vent frontal et claque a répétition sur ma peau nue et blanchatre. J'aurais du mettre mon manteau. Faut dire qu'il faisait clair et vraiment chaud quand j'ai quitté ma cage pour aller rencontrer Lili en ville. Je l'attendais a la sortie du Kid Castle, endroit ou je ne travaille plus depuis... aujourd'hui, a peu pres. Les enfants sortaient lentement, avec leur petit sac a dos, lachant des "Hallo Fei Fei!" pleins d'enthousiasme quand leur regard croisait le mien. Je vais m'ennuyer d'eux, pas mal plus que je vais m'ennuyer des mensonges et de la bullshit au travers de laquelle il faut passer quand on veut une job a temps partiel en Chine. Ou, pour etre fair, dans n'importe quel pays ou l'on vit sur un visa de travail.

Et il roule...

Mon estomac est bien rempli. J'avais faim, apres avoir joué au basketball pendant plus d'une heure avant de me taper une séance de yoga. Note a moi-meme: le yoga c'est crissement douloureux et difficile. La, la panse bien pleine de nouilles sautées aux fruits de mer caoutchouteux, de lait de soya et de pain a l'huile (油条) j'ai juste le gout de dormir. Ma moto et moi-meme passons devant le paysage habituel lorsque nous retournons a East Side Gongyi par ce chemin: piscine municipale, magasin de plein air, bureaux de riches compagnies d'immobilier, magasin de biere allemande. WOOO, la température vient de dégringoler de 10 degrés instantanément, des que les batiments en béton font place a l'espace vide entourant le vieux pont. Provenant des gigantesque usines ci-bas, une curieuse odeur de benzaldéhyde me titille les narines et me rappelle mes années de chimiste en herbe. Des fois c'est de l'acétone, des fois de l'isopropanol, et parfois aussi juste une acre odeur de brulé. C'est pas le coin le plus charmant de la ville, mais bon, faut bin que l'aluminium soit produit en quelque part et en plus, les vieilles usines désaffectées font des superbes pistes de jogging ou je vais parfois le week-end.

Et il roule...

La température redevient clémente des que je rejoins l'autre bord du pont, circulant entre les gigantesques blocs de condos en construction qui bloquent le vent. Je pense a bin des affaires en meme temps; a mon départ de Gongyi qui est somme toute imminent, et évidemment tout ce que ca implique. Pas facile de dire a tous ses chums qu'on s'en va, meme en promettant de revenir faire un tour (et je suis sérieux sur ce point). C'est la deuxieme fois que ca arrive en moins d'un an. C'est la vie que je compte vivre pour un petit bout encore, on verra ce que ca va donner.

Et il roule...

Il arrete pas aux lumieres rouges. C'est quasiment plus dangereux que de continuer, a certaines intersections.

J'essaie de pas trop penser aux adieux qui seront surement les plus déchirants. Pauvre 小瑞丽... Je suis privilégié d'avoir déniché (ou est-ce elle qui m'a déniché? m'en rappelle pus trop) une jolie fille qui avait pas mal les memes objectifs que moi, et elle savait pas mal dans quoi elle s'embarquait, mais reste que c'est triste un peu. Et gisement épuisé (mine de rien), chus pas insensible a ca moi non plus, tsé, c'est ma premiere vraie blonde apres tout (si on compte pas la Thailandaise et l'autre Chinoise avant... man, je pense que j'ai la Fievre Jaune). La "séparation" va pas etre super super facile d'aucun bord, mais bon, je vais surement m'en remettre plus vite. Va peut-etre falloir que je fasse du "damage control" pour la convaincre que son monde s'écroule pas, mais a date elle prend ca relativement cool. C'est une adulte apres tout, pas une petite fille.

Trop de pensées en meme temps... et ma moto est arrivée a destination.

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