mardi 2 juin 2009

Félixxx se fait prendre au piege, réussit a s'échapper

Je l'ai répété de nombreuses fois, pas besoin de revenir la-dessus, quand on est un étranger dans une partie non-cosmopolite de la Chine, on sort du lot. Cette attention accrue et non-méritée est un des aspects majeurs avec lequel les laowai doivent dealer, des qu'ils sortent de leur maison. Certains adorent baigner dans l'attention, d'autres pognent les nerfs des que quelqu'un les regarde... Bon, pour moi, c'est pas mal du cas par cas, et je me dis que ca fait partie de la game, comme qu'on dit. La ou le bât blesse (c'est quoi un esti de bât? quelqu'un peut m'éclairer? ... ma littéraire préférée?), c'est quand quelqu'un de confiance te place intentionnellement dans une situation fort désagréable.

Parenthese de contexte: peut-etre que j'en avais déja glissé une ligne... J'ai chillé a quelques reprises avec un juge de la Cour Populaire de Gongyi et c'est devenu un de mes chums. Il aime bien networker avec les étrangers de Gongyi (ce qui veut dire: les profs de mon college exclusivement), majoritairement pour pratiquer son anglais bien sur, et en plus il est vraiment sympathique et agréable a jaser avec. Y est pas fatiguant comme certains autres Chinois qui veulent etre ton ami juste pour pratiquer. C'est ainsi que j'ai gravi les centaines de marches du Mont Qinglong avec lui de nombreuses fois, en plus de me faire péter au badminton ou alors de me promener en ville avec son char de police.

Du a mon horaire plus chargé cette session et la meme chose de son bord, en gros, je l'ai juste vu deux trois fois depuis l'hiver et chaque fois qu'on s'appelle on se dit le vieux classique "faudrait bin qu'on fasse de quoi hin?" sans jamais passer aux actes.

Mais la, hier vers 18h30, Davey m'envoie un message disant que "the judge" veut que j'aille souper avec. Je saute sur l'occasion, fébrile a l'idée de "catch up" avec Judge Li.

Le char se pointe pour ramasser Davey et moi... il s'adonne que c'est pas Judge Li, mais Judge Hu. Un total étranger, unilingue comme l'autre bonhomme et bonne femme dans son char. Qu'est-ce que je vais crisser la? Je suis un individu parfois un peu abrupt, et alors qu'on est en route, je le demande drette comme ca a Davey. "Qui sont ces gens? Et qu'est-ce que je vais faire la?" Il me dit leurs noms, ce qui m'avance pas, mais ensuite dit "Well, they want to eat with a foreigner." Wow. Il arrete pas de me demander aussi d'appeler mes autres chums blancs et je mens a moitié en disant que j'ai pas tous leurs numéros, qu'ils sont occupés ou qu'ils ont pas de téléphone. La vérité est que y a des gens qui ont d'autre chose a faire de leur vie qu'aller s'assir a table avec un sourire fake et se faire prendre en photo.

On arrive au restaurant, qui est un gigantesque bidule, moitié en roche, moitié serre, que j'avais déja entrevu en chemin vers la riviere Jaune. A ce moment mon humeur est pas si pire, je me dis "what the hell" et je les suis. Personne me dit un mot a part Davey. L'intérieur du restaurant est incroyablement luxe, y a des hotesses en longue robe rouge qui crissent rien a part sourire, des fontaines et des petits ruisseaux avec des grosses roches avec des caracteres chinois gravés dedans. Apres le deux secondes d'émerveillement, je commence a me dire que ca aurait été le fun que quelqu'un me dise qu'on allait au restaurant le plus baller dans lequel j'ai jamais mis les pieds, question que je mette de quoi d'autre qu'un vieux t-shirt vert d'armée, des shorts noirs baggy avec une tache de 热干面 et une casquette de biere Tremblay.

On entre dans la petite cabine en bambou ou notre table est, et on rencontre un autre individu. Il me déplait profondément et ce, instantanément. Il est gros, chauve, et c'est un officiel haut placé de je sais pas trop quoi. Pendant que Davey, Judge Hu et l'autre gars sont partis choisir de la bouffe, il me jase avec son tabarnak d'accent de fond de village, multiplié par des décennies de fumage en chaine. Je comprends fuckall. La fille assise a table retraduit certains passages en chinois un peu plus standard, c'est dire... tout ce que je comprends est qu'il dit que le Canada c'est riche. Je lui dit que la Chine est plus riche, et j'en reste la. Techniquement, les deux on a raison, mais j'aime pas me lancer dans un débat politicoéconomique avec un gros Chinois désagréable qui a comme unique intention de me condescender.

Les autres convives reviennent a table, Judge Hu sort sa caméra, s'accroupit et s'apprete a me prendre en photo. A ce signe, je calle ma biere et je dis que faut que j'aille aux toilettes. Je remercie Satan que personne ait trouvé suspect que je ramasse ma casquette de sur le crochet. Judge Hu me suit, m'indique les toilettes, mais je passe tout droit, trouve le corridor de service et rejoint le hall d'entrée avant de passer les portes tournantes et de calisser mon camp. Sans un beubye.

Et il court...

Il court, le laowai qui aime pas etre le clown de service. Il court, le laowai qui aime pas se faire piéger.

Je rejoins la grande route, je tends mon pouce, et la premiere petite van s'arrete. A l'intérieur, il y a un Haitien, un Brésilien et un Saguenéen NON bien sur, juste trois Chinois éberlués de ma présence sur une route de campagne. Ils vont pas a Gongyi, mais juste jusqu'a la bretelle d'autoroute, ce qui est cool avec moi, tant que je m'éloigne de cet endroit maudit. 5 minutes plus tard, je les remercie cordialement, avant de continuer mon chemin a pied. Je refuse les offres des taxis motos, pas que c'est cher, mais la nuit est belle, un ti jogging me fera du bien et faut que je claire les idées. Le college est pas proche, mais pas loin, faque je vide mes poches de leur contenu et je trotte les 5.6 km (merci Google Maps) jusque chez moi.

6 commentaires:

Nicolas Jadot a dit…

Eh ben... ici au Pérou il se passe la même chose sauf que c'est des jeunes filles gênées. Je préfère ça aux vieux chauves...

Unknown a dit…

Salut Félix!

Wôw! Toute une aventure! Un bât, en passant, c'est une partie de la selle des chevaux ou des bêtes de somme (ça sert à attacher la selle, en fait). Le bât peut volontairement être placé pour blesser la bête qui, de cette façon, regimbe moins à la tâche. D'où cette fameuse expression : "là où le bât blesse". Cette capsule linguistique t'est offerte tout à fait gratuitement. Non, non, pas la peine de me remercier ou de m'envoyer un cadeau : ça me fait plaisir!

XXX

Unknown a dit…

Salut Félix!

Wôw! Toute une aventure! Un bât, en passant, c'est une partie de la selle des chevaux ou des bêtes de somme (ça sert à attacher la selle, en fait). Le bât peut volontairement être placé pour blesser la bête qui, de cette façon, regimbe moins à la tâche. D'où cette fameuse expression : "là où le bât blesse". Cette capsule linguistique t'est offerte tout à fait gratuitement. Non, non, pas la peine de me remercier ou de m'envoyer un cadeau : ça me fait plaisir!

XXX

Unknown a dit…

Salut Félix!

Wôw! Toute une aventure! Un bât, en passant, c'est une partie de la selle des chevaux ou des bêtes de somme (ça sert à attacher la selle, en fait). Le bât peut volontairement être placé pour blesser la bête qui, de cette façon, regimbe moins à la tâche. D'où cette fameuse expression : "là où le bât blesse". Cette capsule linguistique t'est offerte tout à fait gratuitement. Non, non, pas la peine de me remercier ou de m'envoyer un cadeau : ça me fait plaisir!

XXX

Unknown a dit…

En passant, j'ignore pourquoi mon commentaire a été enregistré trois fois...

... a dit…

Ca veut juste dire 4 fois plus de Chloé pour moi (L)