mercredi 8 octobre 2008

Vacances!

Bon, suite a mon dernier message un peu trop « didactique », voici un retour au divertissement, car en effet depuis quelques jours je suis en VACANCES! Et qu’est-ce que ça fait un Chinois en vacances? Lisez ce compte-rendu, en Français s’il vous plaît!

Ma semaine de congé a commencé dimanche soir, mais j’ai pas mal rien foutu ce soir-là, à cause de mon rhume sale et de la fatigue accumulée. Lundi matin, il a fallu que j’aille en ville pour des niaiseries administratives, c’était la première fois que j’allais Downtown Gongyi tout seul, et c’est du sport en batince! Je tiens à préciser que vu que c’est la Fête Nationale, la quasi-totalité des Chinois sont en congé, faque y a du monde à tonne dans les rues! Décrire le trafic chinois est un peu difficile, car ces gens ont de l’imagination quand vient le temps de parler transport. J’ai vu des véhicules aucunement conçus pour le transport de passagers mais quand même bondés de monde, des petits camions à trois roues avec une charge de branches mortes au moins 10 fois plus volumineuse que le camion lui-même, des boîtes de bois avec un moteur (et ça roule vite!), des tuk-tuks et bien sûr une shit load de motos, de la moto sport neuve à la vieille crisse de bécane qui tient avec du duct-tape, en passant par le scooter électrique qui fait aucun bruit et qui est donc très sournois. On pourrait décrire ça par « tout ce qui roule », mais ce serait plutôt approximatif car il y a aussi des charettes tirées par des chevaux et des piétons partout. Pour aller à la gare de Gongyi, il faut passer dans un tunnel étroit et sombre et éviter à la fois la colonne de piétons qui vont prendre le train avec leur gros sac et les trucks qui viennent en sens inverse. « Tout ce qui se déplace » serait aussi imparfait, vu que y a plein de véhicules immobiles au milieu de la chaussée ainsi que des gens à pied qui ramassent les déchets. C’est assez spécial, même sur les autoroutes y a des gens en manteau orange en plein milieu de la chaussée en train de balayer. L’économie roule pas mal supposément, ce qui mène à de la construction de nouveaux buildings partout et également à la création d’emplois comme ça, qui servent à rien mais qui sortent les gens du chômage… Whatever. Donc pour en revenir au trafic chinois, la meilleure façon de résumer serait de dire « Tout ce qui existe ». Et bien sûr, tout ce qui klaxonne.

Lundi après-midi, je me la suis coulé douce, puis je suis allé jouer au soccer avec mes potes Mike et Jack. Vous ai-je déjà parlé de Jack? Ce sympathique Anglais semble être friand d’euphémismes quand vient le temps de participer à une activité sociale. « Aller manger du BBQ » : Boire. « Aller jouer au pool » : Boire. « Organiser une activité de conversation en anglais pour les étudiants » : Boire avec de jeunes Chinoises. J’l’aime ben, moé, j’l’aime ben. Donc quand il a parlé d’aller jouer au soccer, j’avais pas remarqué qu’il apportait un sac à dos plein de cannes de bière.

On est retournés à notre building, légèrement buzzés, afin de se changer avant d’aller jouer au pool (boire). Entre deux games, j’étais dehors en train de jouer au ballon avec des petits Chinois quand tout à coup deux des étudiants que j’avais rencontrés au English corner (voir Negativity moé l’sac) passent et me demandent si je veux aller manger avec eux. Motivé par la grosse quantité de bière qu’ils transportent et aussi par le fait que ça me tente pas trop d’aller en ville manger du porc salé tel qu’initialement prévu, je les suis au petit restaurant de quartier dans le même bloc de commerces. Veuillez noter à ce point que tous les restaurants ou je suis allé à date en Chine sont BYOB : apporte ton propre alcool. C’est un concept difficile à saisir pour nous, Nord-Américains, chez qui les restaurants font la majorité de leur profit avec la vente de boèsson, mais une fois le choc culturel passé, on peut juste apprécier l’argent sauvé et le temps gagné à pas avoir à commander chaque esti de fois qu’on veut un refill.

Les deux étudiants, nommés John et Wayne (noms fictifs évidemment… leurs véritables noms sont imprononçables), commandent un hot-pot à la Szechuanaise. En gros, y a un rond de poêle électrique sur la table avec un chaudron plein d’eau bouillante, et on y met la bouffe crue au bout de des bâtons à brochette. Y a de pas mal tout, genre des choux-fleurs, des légumes weirds, du sang de poulet coagulé et du poisson séché. On ramasse la bouffe au rythme qu’on veut puis on la trempe dans une sauce aux piments qui TUE. La province de Szechuan est réputée pour sa bouffe fucking trop épicée pis je comprends pourquoi! Juste une goutte de cette sauce me brûlait les lèvres et me faisait ouvrir grand la bouche en disant « Hhhhhhhh! » pendant que tous les Chinois autour me regardaient fixement (vous aurez deviné à ce point que chus le seul esti de laowai dans place, pour pas faire changement).

J’ai découvert ce soir-là le « drinking game » favori des Chinois. Comme vous savez, j’apprends la langage depuis peu, faque pour l’instant je connais les chiffres et quelques phrases importantes. Alors j’étais là, dans ce petit restaurant, assis sur une chaise miniature et j’entendais les Chinois à la table voisine se crier des chiffres par la tête. Après avoir questionné mes deux nouveaux potes, j’ai appris que c’est un jeu de boisson. C’est ridiculement simple, il s’agit de crier un chiffre de 0 à 10 en même temps de montrer un chiffre avec ta main. Les Chinois ont un système faisant en sorte qu’on peut mimer n’importe quel chiffre avec une seule main : 6 est avec le pouce et le petit doigt, comme le signe de téléphone et 8 est avec le pouce et l’index comme le L de Loser, pour donner deux exemples. Si le chiffre de ta main et de celle de l’autre Chinois, une fois additionnés, donnent le chiffre que tu as crié, ben tu gagnes et l’autre boit. Ça ressemble un peu à roche-papier-ciseaux en somme, et vous aurez deviné que ça saoûle vite en sacrament! J’ai dû finir ma grosse bouteille de bière en même pas 5 minutes, j’avais l’estomac pesant mais au moins mes lèvres ne brûlaient plus.

Mardi on est allé acheter des billets de train pour Kaifeng puis faire une petite épicerie dans le supermarché de Gongyi. Ça s’appelle G-Holly (quel beau nom authentique chinois), ils vendent de tout et son contraire et c’est plein à craquer durant les vacances. Ils ont de la Carlsberg, qui est une bière assez médiocre somme toute mais qui fut très très bien accueillie dans mon œsophage accoutumé à 3 semaines de bière chinoise. Et elle est « juste » 3 fois plus chère que la bière locale. Jack voulait acheter des snacks car il organisait un petit get-together (euphémisme pour vous-savez-quoi) le soir même. C’était relax et plaisant, et pour digérer on est allé jouer au pool dans la game room (hé oui, les profs étrangers ont une salle de billard à eux seuls). Quand j’ai dit à mes collègues que j’étais pas encore allé au bar karaoké de Gongyi, ils ont fait « heeein! » et cinq minutes plus tard on était en route sur nos bikes.

Ceux qui ont le bonheur de m’avoir côtoyé d’assez proche savent que j’adore le karaoké : ben je suis un peu déçu de mon expérience de karaoké chinoise. C’est juste vraiment pas pareil comme chez nous. T’es assis sur des couch de cuir, dans une petite pièce, avec juste ta gang, une TV écran géant et un ordinateur qui contrôle le tout. Il y a donc pas d’audience pleine de grosses lesbiennes à offenser, ce qui rend l’expérience incomplète, et la plupart des tounes sont en chinois. Pas de Love Shack, pas de Girls Just Wanna Have Fun, surtout pas de Joe Dassin, mais au moins y avaient du Backstreet Boys. Et la cerise sur le sundae, le tout était GRATUIT. Background story: Jojo, l’épouse chinoise de Jack, a eu la brillante idée d’essayer de matcher Mike from Pennsylvania, qui parle pas chinois, avec une fille qui parle pas un mot d’anglais. Ça donne des rendez-vous pas mal comiques mais peu de fruits à récolter. Jusqu’à ce soir-là! Il s’adonne que cette fille travaille au KTV bar, et donc qu’elle a réussi à nous faire passer gratis. Vive la Chine.

Mon cell me réveille à 6h30, moins de trois heures après que je me sois endormi. « Ah maudite marde, c’est vrai, j’avais promis à Wayne de l’apporter à la gare pour qu’il achète des billets ». Cette formalité accomplie, je me recouche jusqu’à midi avant de paqueter mes choses pour aller à Kaifeng, une ville supposément pas mal cool et pas très loin. On est accompagnés de pas un, mais deux étudiants chinois, Wayne et Lisa. C’est pratique avoir son Chinois en voyage, pour de nombreuses raisons. Quand je voyage à l’intérieur de la Chine, j’apporte l’essentiel : mes souliers confortables, ma caméra, ma brosse à dents et mon Chinois. Un Chinois ça sert à la fois de guide de voyage, d’outil de traduction et de négotiateur de prix. Jamais sans mon Chinois.
Arrivés sur le quai, y a un océan de monde. Dès que le train se pointe à l’horizon (surprenemment drette à l’heure), les gens commencent déjà à se bousculer. Le train ralentit devans nous, question qu’on voie à quel point il est rempli à craquer. Une curieuse odeur d’urine séchée sur de l’acier inoxidable nous titille les narines dès que la porte du train s’ouvre. Comme le disait Mike à cet instant : « Oh man, this is gonna suck balls! ». Il ne pouvait mieux dire, alors qu’à peine arrivés dans le train bondé, il y a aucune place, même debout, dans les wagons. Mon front est plein de sueur alors que le train a même pas bougé d’un millimètre encore… On est debout, écrasés dans la masse humaine, dans le compartiment situé entre les wagons. Durant deux heures. Le seul point positif est qu’au moins quand le train était en marche, il faisait frais et l’odeur de toilettes disparaissait.

Dire qu’on était crissement satisfaits d’arriver à Kaifeng serait inutile. Wayne appelle deux de ses amis (un dude et une fille) qui nous rejoignent avant qu’on saute tous dans des taxis en direction du gigantesque food market. J’avais entendu parler, sans exagérer, par au moins quinze personnes à propos du « snack food » de Kaifeng. Je me demandais bien ce qu’il pouvait avoir de si spécial au point que la réputation de la ville repose dessus. Ça, c’était avant que j’arrive au food market (A.K.A. le Paradis).

Il y avait des stands de bouffe littéralement à perte de vue, avec des chefs en train de griller, bouillir, frire, rôtir de copieuses quantités de viande, poisson et autres délices, le tout s’harmoniant dans un parfum délicieusement graisseux. On réussit (je veux dire : mon Chinois réussit) à trouver une table dans ce gigantesque fouillis et peu après on commence le festin. Brochettes de porc salé, pieuvres, oignons caramélisés, poulet pané, et mon coup de cœur, un espèce de mélange de pain frit jusqu’à ce qu’il soit noir avec des morceaux de viande et de légumes, en tout cas c’était délicieux. Si un de vous vient me visiter, c’est certain que je l’amène là ;) c’est juste trop fucking cool. Mike est pas de cet avis, ayant pogné une juteuse diarrhée après ce repas, mais moi faut croire que j’ai une bonne flore intestinale car mes selles restèrent bien dures. Comme dessert, Lisa m’a acheté un gros suçon qui semblait être fait de grosses cerises rouges couvertes de sucre, mais en fait c’est des tomates cerises. Assez weird au début mais c’était pas mal bon.

On s’est ensuite promenés dans le marché question d’acheter des cossins. Le « laowai count » est toujours de zéro, pas un seul Blanc en vue. Je suis surpris, car Kaifeng est une ville de 5 millions et on est en plein centre-ville. J’ai acheté de jolies toiles sur rouleau et des posters de Mao. Je suis rendu avec des « negotiatin’ skillz » pas pire et quand j’échoue, ben j’ai toujours mon Chinois pour enlever quelques kuai superflus au prix.

On revient à notre chambre d’hôtel pas trop tard. Le plancher de l’hôtel est vraiment inégal et raboteux, ç’en est drôle mais au moins tout est vraiment propre. Et on a une toilette assise, au grand bonheur de Mike et de ses intestins rebelles. On reste un peu à écouter la TV, avant que Wayne et Lisa n’aient reconduire leurs amis. Ils reviennent en disant « Hey, bad news, il reste pus de place dans l’autobus demain… il faudra prendre le train encore! » Le moral en a pris une shot, comme on dit!

On se réveille crissement tôt, on déjeune et on va à une place qui s’appelle le « Millenium Central Park » ou de quoi du genre. Le nom chinois est 清明上河园. Kaifeng est l’ancienne capitale de l’empire des Wong Tong ou je sais pas quoi, en tout cas c’est une ville historique. La partie ancienne a été entourée d’une clôture et transformée en un parc payant, évidemment c’est une gigantesque attrape touriste, mais le tout est plutôt intéressant néanmoins. Le Laowai count est toujours de zéro. Mes compagnons commencent à être tannés d’en entendre parler à toutes les deux secondes.

Donc comme je disais, la place ressemble à une version chinoise du « Village Québécois d’antan ». Y a plein de gens en pseudo costume d’époque, c’est kitsch à souhait, et plein de touristes chinois. Je trouve ça vraiment cool cependant, la place est vraiment grande et pleine de choses sympathiques à voir.

À 10h14, je suis assis dans les estrades de l’hippodrome en train de me reposer les jambes. Mes deux potes chinois sont à la billetterie, car ils veulent faire un tour de cheval. Tout à coup, mon cell buzz, c’est Lisa; « Pourquoi elle m’appelle, si je suis à même pas 100 m d’elle? », me demande-je. Ses paroles sont étouffées et enterrées par la foule, mais j’entends clairement « Laowai! Laowai! » Je prends environ 5 secondes pour la rejoindre, avant de voir le dit laowai s’éloigner dans la foule en prenant des photos, comme le sale touriste blanc qu’il est. Je vous le dis, man, il avait la peau blanchâtre, des cheveux bruns clair, et un gros nez. J’en vois pus ben ben souvent de ces gens-là. Lisa affirme qu’il est Australien, ce qui est possible, puisqu’il était fort laid.

Quand je pensais que ma journée était faite, *WHAM*, le destin me renvoie une autre balle courbe drette sua plate. Comme quand tu es aux danseuses, que tu te retournes et te lèves brusquement pour aller au toilettes et que ta tête heurte le sternum d’une danseuse qui passait par là, avant qu’elle te présente tes excuses… ben j’étais là, souriant bêtement à cause de mon premier laowai aperçu depuis des semaines, quand Wayne me dit « Hey man, hurry up, chicken fights are about to start! » QUE OUA? Je vais voir des combats de poulets? Des. Combats. De. POULETS?
Le petit stade est évidemment rempli mais j’ai une pas pire vue sur les deux coqs qui se donnent becs et plumes pour notre divertissement, comme tout bon animal subordonné se doit de faire. Ils ne se battent pas jusqu’à la mort, mais c’est quand même plutôt violent! Ils ne perdent pas de temps à estimer leur adversaire, ils se garrochent tout de suite dessus! L’un d’eux a essayé d’atteindre son adversaire aux côtes avant de se faire prendre en « guillotine choke » et de se faire becqueter le dos sans merci. Quand le Chinois habillé bizarre l’a ramassé, le pauvre animal était confus et avait pas mal de plumes en moins. Toujours est-il que oui, les combats de coqs c’est vraiment cool, et de plus c’est une façon pour le poulet de se rendre utile avant de finir dans mes fajitas ou sur mon BBQ. Tout le monde gagne.

On a visité le parc un peu encore avant d’aller sur la rue historique. Les bâtiments sont magnifiques, et ils abritent presque tous des boutiques d’art. Mais attention, pas de l’art moderne là, du vrai art, plaisant à regarder et réalisé par des gens avec du talent. J’ai encore acheté quelques œuvres qu’il faudra que j’envoie par la poste d’une façon ou d’une autre.
Le retour en train fut moins pire un peu que l’aller. On avait de la place pour respirer, et même un siège pour la seconde moitié du voyage. Un siège partagé avec une gang de gros Chinois qui crachent partout, dis-je bien, mais c’était mieux que de se tenir debout à côté des toilettes. À l’avenir, leçon apprise, on se prend d’avance.

J’ai également fait autre chose durant mes vacances… me faire attaquer par un chien au milieu d’une forêt, me perdre dans la dite forêt, pogner du beef avec un minuscule Chinois, tester le nightlife de Gongyi… Cela va suivre dans un autre message je présume.

Continuez vos visites fréquentes, d’autres messages en França vont suivre éventuellement!

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